en grève le 7 novembre POUR la protection de TOUTE l’enfance

mercredi 9 novembre 2011

A l’appel de SUD Dépar­te­mentaux 35, les per­sonnels du Conseil général étaient encou­ragés à être en grève lundi 7 novembre "Pour la défense de l’éthique pro­fes­sion­nelle et des mis­sions auprès des familles mises à la rue".

JPEG - 129.7 ko Des col­lègues de Fou­gères, St Etienne en Coglès, Vitré, St Aubin, Redon, Rennes, ont répondu à cet appel (soit 8 CDAS de repré­sentés). La plupart sont venus au ras­sem­blement organisé à Fou­gères. Une soixan­taine de per­sonnes ont mani­festé jusqu’à la sous-​​préfecture.

Le soutien à ce mou­vement s’est étendu au niveau asso­ciatif (Réseau Éducation Sans Fron­tières [RESF] et Droit au Logement [DAL]) et syn­dical (CGT et FSU).

Une délé­gation conduite par le syn­dicat SUD Dépar­te­mentaux 35 a été reçue par Mon­sieur Tou­renne. En pré­ambule à notre dis­cussion, Mon­sieur Tou­renne a d’abord interrogé la légi­timité de SUD à l’interpeller sur un sujet qu’il considère comme poli­tique et ne relevant pas des pré­ro­ga­tives d’une orga­ni­sation syn­dicale. SUD estime que la logique ges­tion­naire du Dépar­tement a pour consé­quence une vio­lence ins­ti­tu­tion­nelle faite aux familles et aux per­sonnels. SUD se sent plei­nement concerné quand il est exigé des tra­vailleurs sociaux et médico-​​sociaux de passer à des pratiques :

- CONTRAIRESLEUR ÉTHIQUE PRO­FES­SION­NELLE : ne plus recevoir et ne plus accom­pagner les familles déboutées de leur demande d’asile (insérées pour cer­taines depuis plu­sieurs années et mises à la rue du jour au len­demain) ; avoir recours aux forces de l’ordre ;

- CONTRAIRESLEUR DÉON­TO­LOGIE PRO­FES­SION­NELLE : à la Pro­tection Mater­nelle Infantile (FMI) de fournir des cer­ti­ficats médicaux pour évaluer l’état de santé (comme si être à la rue ne consti­tuait déjà pas un risque sani­taire) qui ser­virait à jus­tifier une sépa­ration parents/​enfants ;

- DIS­CRI­MI­NA­TOIRES : ne plus les accueillir dans les mêmes condi­tions que l’ensemble des usagers ;

- ILLÉ­GALES : res­treindre le droit des familles étran­gères à des aides finan­cières au titre de l’Aide Sociale à l’Enfance (art. L111-​​2 du Code d’Action Sociale et des Familles), séparer arbi­trai­rement des enfants de leurs parents (art.9 de la Convention inter­na­tionale des droits de l’enfant) ;

- MAL­TRAI­TANTES : pression hié­rar­chique sur les per­sonnels, posture pro­fes­sion­nelle insup­por­table à tenir, aug­men­tation des risques psy­cho­so­ciaux. Mon­sieur Tou­renne a réaf­firmé les posi­tions de l’exécutif (cf. tract du 3÷11÷2011 sur notre site internet) de ne plus financer les aides à l’hébergement au titre de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) et de placer les enfants selon leur état de santé.

Il a ajouté qu’il s’appuie sur les conclu­sions des Etats généraux, avec la demande des col­lègues de ne plus effectuer cer­taines tâches… les EG sont déci­dément uti­lisés à toutes les sauces pour tout et n’importe quoi l… et que le CG assu­merait ses désen­ga­ge­ments, en évoquant même le recru­tement d’agents pour effectuer cette tâche ingrate… ! Voila une occasion d’occuper les futurs ser­vices civiques peut-​​être ?

Pour SUD, la question essen­tielle est de sécu­riser les pra­tiques dans l’intérêt des pro­fes­sionnels mais aussi celui des usagers du service public.

L’invasion n’aura pas lieu…

Les posi­tions prises par le Conseil général d’Ille et Vilaine ont pour objectifs paradoxaux :

- de montrer à l’Etat qu’il ne peut plus assumer les consé­quences de sa poli­tique (désen­ga­gement financier, réduction des places d’hébergement..). SUD souscrit à ce combat mais ce n’est pas aux familles d’en faire les frais !

- d’envoyer un message aux réseaux de pas­seurs, parce qu’avoir ’une poli­tique géné­reuse et offrir un service de qualité favo­risent un appel d’air" : c’est bien illu­soire I Comment peut-​​on ima­giner que cela va per­turber le com­merce mafieux des pas­seurs ï D’autre part, sta­tis­ti­quement, il n’y a pas de rapport entre l’évolution du mode d’accueil des deman­deurs d’asile et leur "affluence*. Et enfin, c’est nier les raisons qui poussent ces per­sonnes à quitter leur pays : besoin réel d’une pro­tection, plutôt que pro­fiter de l’hospitalité de nos campagnes.

En tout cas, cette "solution" de régression générale du respect des droits de ces per­sonnes, malgré sa vacuité, n’en a pas moins des effets déplorables.

Par contre, inten­tion­nel­lement ou pas, ces mesures ne peuvent que dégrader la relation de confiance que ces familles ont avec les CDAS. Ainsi, même si cer­tains droits sociaux restent ouverts à tous sans condition de régu­larité (ASE, PMI, aides finan­cières), si le seul fait de les sol­li­citer peut générer des inquié­tudes, ces droits ne seront à terme plus effectifs. Fina­lement, il ne sera pas néces­saire de les sup­primer : il suffit de créer les condi­tions de leur non-​​sollicitation !

PDF - 1.3 Mo

SUD a remis à Mon­sieur Tou­renne 4 cour­riers de familles, transmis par RESF Fou­gères, demandant à béné­ficier d’aides à l’hébergement au titre de l’ASE. Nous demandant s’il fallait qu’il leur réponde, nous avons considéré que cela pouvait rentrer dans le cadre des posi­tions qu’il affirme vouloir assumer…

Depuis juin SUD demande une dis­cussion sur le sujet au vu des consignes aber­rantes gui leur sont données ora­lement Pour toute réponse, le Pré­sident du Conseil général s’est engagé à fournir des consignes écrites avant fin novembre.

En attendant, SUD appelle TOUS les per­sonnels du CG à s’interroger et refuser ces pra­tiques, à être soli­daires et déter­minés, à res­pecter le Code d’Action Sociale et des Familles et la Convention Inter­na­tionale des droits de l’enfant !


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