Sud-​​AssFam-​​Infos numéro 17 est paru : en 2012, tout augmente…

vendredi 27 janvier 2012

2011 fut une année de mise en pers­pective d’avancées pour les AssFam. Les Etats généraux (EG) vous ont mis en lumière par vos besoins (notamment de recon­nais­sance de votre métier par ses dif­fi­cultés mais aussi votre inves­tis­sement pour l’exercer) et par vos pro­po­si­tions pour faire avancer les choses. Grâce à SUD aussi, un groupe de travail par­te­narial s’est mis en place entre syn­dicats et admi­nis­tration afin d’ouvrir les négo­cia­tions sur bon nombre de points flous (sta­tu­taires, rem­bour­sement de frais, relais…).

PDF - 2.7 Mo
SAFI n° 17

Il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin ou se laisser bercer par les promesses…
En 2012, SUD sera à vos côtés pour trans­former l’essai !

Vous avez été nom­breux à rejoindre SUD en 2011 (en Ille et Vilaine et ailleurs), vous recon­naissant dans nos valeurs et dans notre enga­gement auprès des AssFam. Votre confiance et votre envie d’être actifs avec SUD nous encou­ragent pour 2012. Par nos réunions régu­lières et les échanges avec vous, les adhé­rents AssFam s’enrichissent et conti­nueront d’élaborer des reven­di­ca­tions au plus proche de vos pré­oc­cu­pa­tions et de l’évolution de votre métier.
SUD vous sou­haite une belle année 2012 !

du nouveau pour la prime d’ancienneté

En écono­misant sur tous les salaires (gel du point d’indice des fonc­tion­naires, pas de coup de pouce au SMIC, avan­cement de car­rière freiné), des marges de manoeuvres bud­gé­taires ont été dégagées au CG35. Pour les AssFam, cela se traduit par la pro­po­sition de l’évolution de la prime d’ancienneté. Pré­sentée aux syn­dicats le 5 décembre, SUD a porté plu­sieurs remarques :

  • Sur les condi­tions d’octroi de la prime, le CG pré­voyait d’exclure les AssFam résidant hors Ille-​​et-​​Vilaine. SUD, ne voyant pas pourquoi la limiter alors que le CG fait le choix de recruter des AssFam d’autres dépar­te­ments, a demandé que tous les AssFam employés par le CG35 béné­fi­cient des mêmes avan­tages, sans ‘‘dis­cri­mi­nation’’ géographique.
  • L’administration avait imaginé la mise en place des paliers par tranche de 5 à 10 ans d’ancienneté. Ainsi au bout de 10 ans, vous n’aviez guère mieux qu’actuellement, et pour espérer le maximum, il fallait attendre 21 de service ! D’une part, vu les condi­tions de travail actuelles des AssFam et, d’autre part, vu le nombre de licen­cie­ments et de démis­sions (souvent pro­voqué par le service recru­tement), peu de pro­fes­sionnels arrivent à ce niveau d’ancienneté : autant les primer au plus tôt !

PNG - 62.2 ko SUD a réclamé que les AssFam béné­fi­cient d’une recon­nais­sance de leur ancienneté dès la 1ère année d’exercice et d’une évolution plus rapide de la prime (comme tout agent de la collectivité).

Le Comité Technique Paritaire (CTP) du 10 janvier a acté nos 2 remarques.

Il est heureux de voir que la prime d’ancienneté soit recon­duite (tout au moins jusqu’en 2013…), mais pour SUD, elle doit être intégrée au salaire.

La reven­di­cation d’une reva­lo­ri­sation sala­riale signi­fi­cative ne saurait être satis­faite par le seul biais de cette prime. La dis­cussion s’est limitée à l’enveloppe bud­gé­taire fixée par l’administration.

SUD demande pour les AssFam l’ouverture de véri­tables négo­cia­tions sala­riales avec la base minimale d’un SMIC mensuel net dès le 1er enfant accueilli, la recon­nais­sance de leur diplôme d’Etat et, dans la pers­pective d’une inté­gration dans la fonction publique ter­ri­to­riale, un dérou­lement de car­rière basé sur la grille de salaire d’un agent social.

groupe de travail partenarial des 3 octobre et 5 décembre

Évolution du nombre d’enfants accueillis

Un état sur le nombre de prises en charge par AssFam avait été demandé par les syn­dicats afin de voir l’évolution ces der­nières années et de déter­miner les besoins. Si nous avons pu noter depuis 2008 une sta­bilité du pour­centage de col­lègues ayant 2 (33%) ou 3 enfants (25%), nous remar­quons une forte aug­men­tation pour des accueils de 4 enfants (de 4,9% en 2008 à 10% en 2011) ou 5 et plus (de 1% à 3%). Paral­lè­lement, une baisse est constatée quant à l’accueil d’1 enfant (de 38% en 2008 à 28,5% en 2011).

Les AssFam sont de plus en plus poussées à aug­menter leur capacité d’accueil : pour avoir un salaire décent d’une part, mais aussi pour répondre aux demandes (parfois oppres­santes) des ser­vices.

Attention : Ce bilan ne dis­tingue pas les accueils continus, des accueils séquen­tiels ou de relais. Pour une analyse plus fine, les syn­dicats ont demandé des chiffres plus précis.

Dispositif d’accueil familial relais

L’administration a pré­senté des simu­la­tions pour faire évoluer le dis­po­sitif qui avait été mis en place l’année der­nière et pour lequel il n’y avait eu aucune can­di­dature. Un assou­plis­sement des contraintes est à noter. Les pro­fes­sionnels concernés par ce dis­po­sitif pourront :

  • prendre jusqu’à 15 jours de congés en période de vacances sco­laires (dans l’ancien dis­po­sitif, cette pos­si­bilité était exclue),
  • refuser un accueil 1 fois par an pour raisons per­son­nelles (tou­tefois des refus peuvent être motivés en fonction du profil des enfants accueillis et à accueillir) et tout autre refus sera examiné par la cellule recru­tement en fonction des éléments fournis par le CDAS et l’AssFam.

Concernant la rému­né­ration, une pro­po­sition de départ a été élaborée en mixant les rému­né­ra­tions actuelles pour des relais et pour des accueils continus. Pour les orga­ni­sa­tions syn­di­cales, elle était en dessous des attentes. L’administration part du principe que l’AssFam Relais aura en per­ma­nence un enfant confié et propose une indemnité d’attente infé­rieure de 1,6 SMIC par jour (alors qu’elle s’élève à 2,8 SMIC par jour pour une AssFam accueillant en continu). Partant de ce même principe, si l’administration pense que la situation ne se pré­sentera pas, que risque-​​t-​​elle à pro­poser une meilleure indemnité d’attente ?

La nou­velle étude pour la réunion du 5 décembre a fait avancer les choses, avec notamment une indemnité de fonction de 200€. Malgré tout, pour les orga­ni­sa­tions syn­di­cales au final, le compte n’y est pas pour la spé­ci­ficité et les contraintes de cet emploi.

Congés imposés

Suite à des appels à notre local sur les congés, SUD vous rap­pelle quelques règles de base.

Absence simul­tanée de tous les enfants accueillis pendant des périodes non choisies par l’AssFam :

a/​ l’AssFam peut poser des congés sur cette même période sans que le délai de 4 mois ne lui soit opposable.

b/​ l’AssFam peut pro­poser de rester dis­po­nible pour répondre à des demandes d’accueil relais. Il s’engage alors à accepter les pla­ce­ments qui lui seront pro­posés dans ce cadre par l’employeur. Cette position est soumise à l’accord préa­lable de l’employeur.

c/​ l’employeur peut imposer ses périodes de congés à l’AssFam pour toute absence simul­tanée de l’ensemble des enfants accueillis, si l’intéressé n’a pas demandé l’exercice de son droit à congés et s’il n’a pas sou­haité ou été autorisé à rester dis­po­nible pour répondre à des demandes d’accueil relais.
Au CG 35, le nombre de jours de congés imposés est limité à 24 jours et n’intervient que sur la période estivale (Règlement inté­rieur adopté au CTP du 01/​10/​2007).

NB : Dans le cas des congés imposés, la période de congés débute le len­demain du départ de l’ensemble des enfants accueillis et se termine la veille du retour des enfants.

Attention  : Lorsque les enfants partent en classe verte ou de neige, les AssFam ne sont pas consi­dérés comme étant en congés. Ils demeurent de fait à la dis­po­sition de l’employeur pour accueillir des enfants en relais, sauf s’ils demandent à exercer leur droit à congés durant cette période.

Départ en séjour de l’AssFam avec les enfants confiés :

Sous réserve de l’accord du service, l’AssFam peut partir en séjour avec l’ensemble des enfants accueillis. Sur le principe, il est incon­ce­vable d’envisager le départ de l’AssFam avec un ou une partie des enfants. Seule la pro­blé­ma­tique par­ti­cu­lière d’un enfant accueilli, ayant fait l’objet d’une évaluation appro­fondie par l’ensemble de l’équipe, pourrait jus­tifier une exception à cette règle.

Si l’AssFam sou­haite emmener les enfants qui lui sont confiés en séjour avec lui, il ne sera pas considéré comme étant en congés. Il conti­nuera à être rémunéré normalement.

projet départemental : pour les AssFam mais en toute discrétion des AssFam

JPEG - 14.8 ko Ce projet s’inscrit à la fois dans les objectifs du projet stra­té­gique dépar­te­mental (objectif 2-​​4) voté par les élus et dans les pré­co­ni­sa­tions issues des Etats Généraux. Au final, c’est le projet initial « Vie sociale », que les per­sonnels avaient boy­cotté en 2010, qui s’impose à nouveau. Il a été pré­senté aux orga­ni­sa­tions syn­di­cales le 17 octobre.

3 groupes de travail à constituer :

  • « Agrément/​recrutement », piloté par C. Chollet.
    Objectif : garantir un service des AssFam qui permet de répondre aux demandes d’accueil qui se pré­sentent aujourd’hui dans le dépar­tement (accueil diver­sifié, de qualité, en nombre suf­fisant sur l’ensemble des territoires).
  • « Pro­cé­dures », piloté par V. Le Guernigou.
    Objectif : offrir au public et aux AssFam un service, certes aux pres­ta­tions dif­fé­rentes (agrément, recru­tement, accom­pa­gnement, for­mation, conten­tieux) mais coor­donné et assurant une cer­taine fluidité dans la cir­cu­lation de l’information ainsi qu’une cohé­rence dans les réponses apportées.
  • « Outils », piloté par MC Guéguen et M. Cécotti.
    Objectif : construire un portail de la pro­tection de l’enfance qui propose aux équipes ASE des noms d’AssFam ayant des dis­po­ni­bi­lités en adé­quation avec le profil de l’enfant à confier et qui s’adresse aux AssFam en leur apportant les infor­ma­tions de la col­lec­tivité et spé­ci­fiques à leur domaine.

Toutes ces belles inten­tions ne sont pas allées jusqu’au bout puisque, contrai­rement à ce qui a été indiqué et sur lequel SUD avait insisté, aucun AssFam n’a reçu d’information et d’invitation pour s’inscrire sur les groupes de travail, hormi ceux ayant par­ticipé aux EG (… en oubliant ceux de SUD !). Or, ces groupes de travail ont démarré depuis le 7 novembre…

SUD a fait remarquer tous ces manques à Mr Laroche :

  • orga­ni­sation dans la pré­ci­pi­tation,
  • défaut de com­mu­ni­cation aux per­sonnels,
  • peu ou pas d’AssFam dans les réflexions menées, alors qu’ils sont les prin­cipaux concernés,
  • non-​​respect des enga­ge­ments sur la pour­suite d’une démarche réel­lement participative.

Une grande démons­tration de l’administration de sa capacité (voire sa volonté ?) à intégrer les AssFam et à enfin les considérer !

la présomption d’innocence des assistants familiaux en débat

Question écrite n°18582 de M. Alain Fau­connier (Aveyron - SOC-​​EELVr) publiée dans le Journal Officiel Sénat du 19/​05/​2011 :

"M. Fau­connier attire l’attention de Mme la ministre des soli­da­rités et de la cohésion sociale sur la situation des pro­fes­sionnels oeu­vrant auprès des familles et, plus par­ti­cu­liè­rement, sur celle des assis­tants fami­liaux et des assis­tants maternels au regard de leur pré­somption d’innocence, lorsqu’ils sont la cible de dénon­cia­tions ou accu­sa­tions infondées.

La loi, en effet, fait aujourd’hui obli­gation à l’employeur de retirer tous les enfants confiés à l’assistant familial dès que des accu­sa­tions sur­viennent, le privant ainsi de son emploi et de son revenu, sauf si l’employeur attend que la décision de justice soit rendue, ce qui est beaucoup plus rare. Ceci a pour consé­quence que, lorsque l’assistant familial est innocent, sa vie pro­fes­sion­nelle est détruite. Il lui demande donc quelles sont les mesures que le Gou­ver­nement entend prendre pour garantir à ce dernier la pré­somption d’innocence."

Réponse du Ministère des soli­da­rités et de la cohésion sociale publiée dans le JO Sénat du 15/​12/​2011 :

"Un agrément délivré par le pré­sident du conseil général est néces­saire pour exercer la pro­fession d’assistant familial. La sus­pension de cet agrément, telle que prévue par l’article L. 421-​​6 du code de l’action sociale, peut être décidée en cas d’urgence par le pré­sident du conseil général, notamment s’il existe une sus­picion de mal­trai­tance ou de danger grave et imminent pour la santé ou la sécurité des enfants accueillis. La décision de sus­pension com­porte des garanties pour l’assistant familial. La com­mission consul­tative pari­taire dépar­te­mentale est obli­ga­toi­rement saisie pour avis. La décision de sus­pension doit être également motivée et transmise sans délai aux intéressés.

La durée de la sus­pension est de quatre mois et cette situation peut être pré­ju­di­ciable à l’assistant familial qui se retrouve privé d’activité. Cependant en appli­cation des articles L. 423-​​8 et D. 423-​​3 du code de l’action sociale et des familles, l’assistant familial perçoit une indemnité com­pen­sa­trice. À l’issue de la période de quatre mois, si aucun enfant n’est confié à l’assistant familial, l’employeur est tenu de recom­mencer à lui verser la totalité de son salaire, s’il ne procède pas à son licenciement.

La question de l’éventuelle répa­ration du pré­judice subi par un assistant familial ayant fait l’objet d’une sus­pension d’agrément décidée par le pré­sident du conseil général notamment suite à des sus­pi­cions de mal­trai­tance, consi­dérées pos­té­rieu­rement comme non fondées par la justice pénale, peut se poser. Dès lors qu’une décision admi­nis­trative lui fait grief, l’assistant familial rétabli dans ses droits par le juge, comme tout jus­ti­ciable se trouvant dans cette situation, peut demander répa­ration du pré­judice causé par la décision dans les condi­tions de droit commun. En cas de refus d’indemnisation par le dépar­tement, l’assistant familial concerné peut saisir le juge admi­nis­tratif d’un recours contre cette décision.

Enfin, à sa demande, l’assistant familial peut, dans la pra­tique, béné­ficier d’un accom­pa­gnement psychologique."

Affaire à suivre…
Un rapport au Par­lement est actuel­lement en pré­pa­ration par le Gou­ver­nement, portant sur l’évaluation de la loi du 27 juin 2005 relative aux AssMat et aux AssFam et ses textes d’application.

Majoration

Une majo­ration de salaire peut être attribuée lorsque l’enfant a besoin de soins par­ti­cu­liers ou d’une éducation spé­ciale faisant peser des contraintes réelles pour l’assistant familial.

Décidée en com­mission enfance, cette majo­ration est évaluée en fonction des troubles ou du han­dicap de l’enfant (donc aléa­toire). Seule la com­mission enfance peut décider de la réviser (sup­pression, dimi­nution ou aug­men­tation) en fonction de l’évolution de l’état de santé de l’enfant.

S’il y a chan­gement de famille d’accueil, cette majo­ration doit se pour­suivre pour le nouvel AssFam.

Par ailleurs, SUD constate encore que des AssFam ne sont pas sys­té­ma­ti­quement des­ti­na­taires du relevé de déci­sions prises en com­mission enfance. Ce n’est plus accep­table et cela doit changer ! Cet écrit indique aux dif­fé­rents pro­fes­sionnels les moda­lités de prise en charge des enfants confiés, com­plé­men­taire au contrat de travail.

les prix augmentent au maximum, le SMIC a minima…

PNG - 77.6 ko Le taux horaire du Smic est fixé à 9,22 € à compter du 1er janvier 2012. Il s’agit de la reva­lo­ri­sation légale du taux horaire du smic qui s’effectue désormais chaque année au 1er janvier et non plus au 1er juillet.

Cette reva­lo­ri­sation fait suite à celle du 1er décembre 2011, qui était due à l’augmentation du coût de la vie de plus de 2 %, ce qui déclenche auto­ma­ti­quement une aug­men­tation pro­por­tion­nelle du taux horaire du SMIC pour suivre l’inflation. Cela explique la faible aug­men­tation du taux horaire au 1er janvier 2012. Sur un an, le taux horaire a évolué de 2,4 %.

A noter : Depuis 2007, le SMIC n’a pas béné­ficié du « coup de pouce » accordé tra­di­tion­nel­lement par les gou­ver­ne­ments suc­cessifs pour sou­tenir le pouvoir d’achat des bas salaires.

Cette hausse de 3 cen­times par heure tra­vaillée est insa­tis­fai­sante, car elle ne suffit pas à com­penser les dif­fé­rentes hausses de prix (logement, énergie, santé…).

Il est plus qu’urgent d’obtenir des reva­lo­ri­sa­tions consé­quentes de salaire dans le public et le privé !