A qui profite le contexte ?
"Du fait du gel du point d’indice décidé par le gouvernement pour 2011 et 2012, le budget RH de la collectivité fait apparaître quelques marges de manoeuvre (…) le Département propose d’en faire bénéficier ses agents."
L’Etat fait des économies et le Département accorde l’aumône, avec au passage une économie d’1 million sur les 3,7 rendus disponibles. Et oui il paraît que c’est dangereux de calculer au plus juste. En "bon gestionnaire" le CG se garde une marge… Il reste donc 2,7 millions qui seront consacrés à la politique RH : 1 million pour augmenter la prise en charge des remplacements et permettre à des agents en difficulté d’être en doublon sur des postes, et 1,7 millions pour des "mesures salariales" sur lesquelles le CTP avait à se prononcer.
Dans cette peau de chagrin, il y a des mesures qui vont un peu profiter à ceux qui en ont besoin : la prise en charge d’une partie du coût des complémentaires santé, la revalorisation de la prime d’ancienneté des assistants familiaux et une petite prime pour les non-titulaires. Sans doute l’administration pensait pouvoir ainsi nous faire avaler en douceur deux autres mesures qui, elles, favorisent quasi-exclusivement les cadres de la catégorie A et plus particulièrement les encadrants.
Et bien non ! Aussi, l’ensemble des syndicats a voté contre l’augmentation exclusive du régime indemnitaire des A. Mais, seul FO a soutenu SUD dans son initiative de mobiliser les personnels au CTP, et avec un nombre insuffisant d’agents réunis pour faire pression, difficile d’obtenir un juste partage de la galette par le CG… il ne suffit pas de s’en remettre simplement aux élus du personnels ou d’adhérer à un syndicat, comme voudrait le faire croire certains…
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Complémentaire santé
Le point soumis à l’ordre du jour est le principe de la contribution du Département au financement des graranties de protection sociale complémentaire auxquels souscrivent les agents de la collectivité.
Suite à des négociations avec les syndicats, l’administration propose des montants de participation plus équitables que ses propositions de départ.
Contrairement à ce qu’affirme la CFDT (qui excelle dans le tirage de couverture) dans son "infos rapides" n°15, ce n’est pas sur sa proposition que le montant est devenu "fortement progressif" mais sur proposition de l’ensemble des syndicats présents.
Même mensonge pour l’indemnité de projet exceptionnel, c’est à la demande de l’ensemble des syndicats présents que cette mesure a été retirée.
Les montants de participation mensuelle de l’employeur présentés au CTP s’établissent comme suit : pour un salaire brut inférieur à 2 000 euros = 25 euros de participation, pour un salaire entre 2 000 et 3 600 euros = 13 euros, pour un salaire supérieur à 3 600 euros = zéro euro.
La participation ne sera pas proratisée en fonction du temps de travail. Tous les agents sur emploi permanent (y compris les contractuels) pourront en bénéficier, ainsi que les assistants familiaux, les contrats aidés et d’apprentissage.
Dans son souci permanent de suspecter d’éventuels profiteurs, le CG ne participera pas si le conjoint d’un agent a une participation de son propre employeur qui prend aussi en compte l’agent ; sans que l’on sache comment vérifier de tels cas de figure, s’ils existent…
Deux modalités restent en suspend et retarderont la mise en oeuvre de la mesure qui ne pourra vraisemblablement prendre effet qu’en septembre 2012, au mieux.
D’une part, la question du choix des mutuelles : par labellisation (plusieurs prestataires possibles, sélectionnés au niveau national sur des critères encore inconnus) ou conventionnement (un seul prestataire par appel d’offre initié par le CG). Ne disposant pas de toutes les clarifications réglementaires (une circulaire est en attente) pour mener le débat, celui-ci a été reporté.
D’autre part la question de la base de calcul n’est pas tranchée : salaire (brut) ou quotien familial (QF) ? SUD s’est prononcé pour se baser sur le salaire, étant donné que la cotisation à une mutuelle se fait sur cet élément et que la participation se fait pour l’agent (et non sa famille). De plus, le QF peut exclure ou minorer le montant de la participation pour les célibataires. La CFDT a pris position pour le QF. L’administration a souhaité approfondir la question et reporter le débat.
C’est donc sur le principe et les montants de prise en charge par la collectivité que le CTP s’est prononcé. Vote pour à l’unanimité.
Assistants Familiaux
Les Assistants Familiaux (AF) ne sont pas titulaires de la fonction publique, pourtant ils sont près de 900 à exercer au CG. Depuis longtemps SUD se bat à leur côté pour qu’ils aient les mêmes droits que les autres agents.
En 2008, les syndicats avaient obtenu la mise en place d’une prime d’ancienneté. SUD a veillé chaque année à sa reconduction et tenté d’en améliorer les conditions.
Lors des négociations avec les syndicats fin 2011 l’administration proposait de reconduire cette prime avec la prise en compte d’une partie de nos revendications : la reconnaissance d’une ancienneté dès la 1ère année et la mise en place de paliers. Ces paliers ne comportaient cependant que des tranches de 5 à 10 ans, ce qui ne risquait pas de bénéficier à beaucoup d’AF.
Sur proposition de SUD, suivie par les autres syndicats, il a été mis en place des paliers correspondants au déroulement de carrière d’un agent social. Il n’a cependant pas été obtenu les montants correspondants à cette grille, ni l’intégration dans le salaire, ni l’assurance d’une reconduction en 2014… La prime s’étale de 20 à 74 euros brut mensuel.
L’ensemble des syndicats a rejeté la condition restrictive d’exclure de cette mesure les AF ne résidant pas dans le 35, alors même que le CG fait le choix de recruter dans les départements limitrophes. Tous les AF seront donc traités à la même enseigne.
Vote pour à l’unanimité.
SUD continuera à revendiquer un SMIC mensuel net minimum dès le 1er enfant accueilli, une grille salariale identique aux agents sociaux, la reconnaissance du diplôme d’Etat et l’intégration dans la territoriale.
Un petit plus pour les non titulaires
La prime de responsabilité (de 10 à 60 euros brut mensuel) est étendue aux agents en renfort et remplacement. La politique du CG étant de faire appel en majorité au service des missions temporaires du Centre de gestion 35 depuis février 2011 (cf. LPCG n° 149), peu d’agents seront concernés.
Nous avons rappellé notre revendication d’une prise en charge des remplacements par le pool de titulaires et nous sommes abstenus. L’administration, les élus CG et les autres syndicats ont voté pour.
L’arnaque des salaires minimum
Le CG propose d’assurer, par une augmentation du régime indemnitaire (RI), des niveaux minimum de rémunération pour les 3 catégories, avec un barème spécial pour les A en fonction de leur niveau de responsabilité. Seraient concernés 95 C, 34 B et 32 A, les non titulaires sont exclus.
Les C et les B démarrent leur carrière quasiment avec les niveaux de rémunération proposés. Le rattrapage annuel des points d’indices pour coller au SMIC entraîne un tassement vers le bas des premiers échelons. Pour eux c’est donc "peanuts" ! Les A sont sur-représentés relativement au nombre total d’agents dans chaque catégorie, cela creusera d’autant un écart déjà existant.
Le problème de fond est aussi la contradiction d’une telle mesure avec le statut. Relever les minimums par le RI c’est bloquer ensuite pendant plusieurs années le déroulement de carrière. Et pour les A, le barème selon les responsabilités va déconnecter le grade de la fonction, renforcant le système de cotation auquel nous sommes opposés.
SUD et la CFDT ont votés contre. FO et CGT se sont abstenus. Administration et élus CG ont votés pour.


